Faut-il dissimuler la réalité?

Publié le par Abassi Nejia

"June et moi venions d'acheter la   maison de nos rêves. "Une véritable   occasion" avait insisté l'agence : "Ce   n'est pas vraiment neuf, mais un bon   coup de peinture et vous vous y   sentirez comme chez vous." Pour un   jeune couple comme nous, cette maison   au bord de la mer était une aubaine...   malgré ces murs lézardés et ses toiles   d'araignée.         Quelques jours après avoir emménagé,   nous faisions un premier bilan. La   pièce qui allait devenir mon bureau   avait besoin d'un sérieux coup de   peinture et le plancher était mal posé.     Dans la future chambre d'amis, le   plâtre des murs n'était pas aussi sains   que l'agence nous l'avait laissé   supposer. Alors nous avons retroussé   nos manches et nous nous sommes mis au   boulot.         Je ne suis pas vraiment bricoleur et   moins je passe de temps une truelle à   la main, mieux je me porte. J'ai donc   expédié les travaux en trois jours.   J'ai replâtré, bouché les lézardes,   aveuglé les fissures en les dissimulant   sous un enduit. Le mur présentait des   trous inquiétants, et des fentes   s'étendaient. Je les ai badigeonnés   pour leur donner l'illusion du neuf.     En réalité, le plâtre avait masqué la   détérioration, mais ne l'avait pas   réparée.         6 mois plus tard, le littoral   atlantique essuyait une tempête d'une   violence rare. En une nuit, la moitié   des toits du village s'est envolée et   les arbres déracinés ont rendu les   routes impraticables. La pluie   diluvienne avait transformé les jardins   en marécages. Au milieu du désastre,   notre maison fut l'une des rares à   résister... à l'exception des murs que   j'avais replâtré et des fentes que   j'avais bouchées.         Cette mésaventure m'a fait réfléchir.   En voulant donner l'illusion du beau et   du neuf, j'avais agi à la va vite.   Notre vieille maison s'en était tirée   avec les honneurs, mais j'étais bon   pour une nouvelle tournée de plâtre et   d'enduits à boucher. Quand on ne sait   pas changer, on s'efforce de masquer   les défaillances sous des apparences   honorables... Mais on s'expose au pire :   le plâtre s'effrite et révèle une   réalité encore plus lamentable qu'avant."

Et vous, est-ce que vous vous cachez   la réalité ? Pratiquez vous le replâtrage   ou avez-vous enfin décidé de prendre   votre courage à 2 mains pour   véritablement changer ?         Quand on veut dissimuler la réalité,   tôt ou tard elle réapparaît au grand   jour, et ce qu'on  a voulu préserver   s'effondre comme un château de cartes.

"Le mal caché est le plus grave" Publius Syrus
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